CHARLES PAYEN, UN SOYEUX LYONNAIS À NEW YORK

Jean-Charles, dit Charles, Payen fut retiré en 1835 du collège de Monistrol où il achevait ses études sous les Pères de la Foi et embarqué pour New-York où il entra chez le correspondant de son beau-frère Balthazard Puy, M. Calmart. C'est Charles Payen qui monta avec un associé la nouvelle société
"L. Payen & Cie" en 1839. Il resta de nombreuses années en Amérique et sus y faire prospérer l'entreprise. Il revint comme négociant à Lyon, lorsque la Guerre de Sécession rendit les affaires plus difficiles. A Lyon, il fut membre de la Chambre de commerce et administrateur de la Banque de France. Il mourut en 1910. Il avait épousé à Lyon le 25 août 1849 Jeanne-Emilie Roussel, fille d'Alphonse-Sylvestre, docteur en médecine, et de Pauline-Marie-Claire Saint Olive, qui lui donna huit enfants (voir tableau généalogique).

LOUIS PAYEN, UNE TRADITION POURSUIVIE

Louis-Antoine Payen, le fils aîné de Jean avait repris la direction de l'entreprise familiale après les difficultés financières de son père et en poursuivit l'activité jusqu'en 1839, date à laquelle fut créée - la nouvelle maison "L. Payen & Cie", dans laquelle il fut partie prenante. Il épousa le 21 mars 1838 à Lyon, Pierrette-Adrienne-Delphine Belmont, fille d'un important fabricant de soieries de la ville,
Jean Nicolas Belmont et d' Anne-Marie-Étiennette Terret. Il mourut en 1893.

Ses nombreux enfants sont restés liés au métier d'origine:
- Louise, la fille aînée, née à Lyon le 24 janvier 1841, épousa en 1863 Cyrille Cottin. Celui-ci était le petit-fils de Claude-joseph Bonnet, fondateur d'une des plus grandes fabriques de soieries, et qui avait été l'un des premiers en France à construire une très importante usine de filature, moulinage et tissage de soie;
- Zoé, la seconde, née en 1843, épousa en 1866 Claude Gindre, fabricant de soieries et homme d'affaires habile qui sus faire de l'entreprise que lui avait légué son père l'une des premières de Lyon;
-Édouard, né le 24 mai 1844, partit en 1862 en Angleterre, puis se forma dans la fabrique de Claude-
-joseph Bonnet avant d'entrer à son tour dans la maison "L. Payen & Cie". La décision ayant été prise de s'approvisionner en soieries en Asie et de monter une usine au Bengale, c'est Édouard qui fut envoyé de 1869 à 1872 pour la diriger. D'autres filatures furent ensuite montées en France, en Italie, en Espagne... et la maison Payen devint ainsi l'une des plus importantes firmes productrices de soies en Europe. Édouard fut également membre de la Chambre de commerce de Lyon, conseiller municipal d'Ecully, vice-consul du Brésil à Lyon. Il mourut en 1926 à Lyon. Il avait épousé dans cette même ville le 10 février 1874 Marguerite-Françoise Tresca, dont il eut six filles et un fils;
- Ennemond, né à Lyon le 18 octobre 1845, mort à Écully le 15 mai 1896, entra à l'École centrale dont il sortit ingénieur (promotion 1867). Il commença une carrière dans la Cie des Fonderies et Forges de Terrenoire. Arrive la guerre de 1870. Il se porta volontaire, vit son frère Charles-Marie tué à ses côtés et fut fait prisonnier.

À son retour, il renonça à la sidérurgie pour se consacrer à la peinture. Élève de Monginot et de Bastien-Lepage, il débuta au salon de 1878. Le musée de Lyon conserve de lui : Le mariage mystique in extremis. Il a épousé à Lyon le 10 juillet 1883 Isabelle Coste, fille d'Eustache, marchand de soie, et d'Emma Denavit, dont il eut cinq enfants ;

- Charles-Marie, né en 1847, s'engagea à vingt ans dans les zouaves pontificaux et fut décoré de la
médaille de Montana. Lors de la guerre franco-prussienne, il fut tué à l'ennemi au Bourget le 21 décembre 1870;
- Augustin, né à Lyon en 1848, décédé en 1892, marié à Marie Sabran qui fonda I'OEuvre de Saint-Augustin. Soyeux à son tour, il entra dans l'entreprise familiale "L. Payen & Cie";
- Léon, né en 1856, fut lui aussi marchand de soie et prit la direction de la maison "L. Payen & Cie". Il défendit les intérêts de la sériciculture et de la filature à travers le syndicat général de la filature qu'il avait contribué à créer et dont il fut de nombreuses années président. Il fut nommé chevalier de Saint-Grégoire-leGrand pour sa participation active aux oeuvres diocésaines. Il épousa le 24 mai Lyon, fut industriel fabricant de soieries à 1881 Françoise-Ciaudine-Marie Hardiny fille de Jean-Louis, fabricant de soieries, et de Jeanne-Marie-Annette Coste, il eut neuf enfants ;
- Octave.
- Octave Payen, né à Lyon le 4 mai 1853, fils de, Louis-Antoine devint à son tour négociant en soieries à Lyon et entra dans la maison Bonnet. En 1883, il épousa Louise-Marie Sauzey, fille de François Sauzey, président du conseil de préfecture du Rhône, chevalier de la Légion d'honneur, et d'Élodie Malachard .Octave quitta finalement l'entreprise Bonnet pour tenter de monter quelque temps la sienne propre avant de s'établir finalement comme agent de change. Deux de ses fils, Louis et Pierre, sont morts pour la France au cours de la Première Guerre mondiale. Les deux autres fils, Henri et Ennemond, furent à leur tour soyeux:
- Henri Payen, né en 1894, mort en 1933, épousa à Lyon en 1920 Marie-Antoinette Frachon, fille de Camille, négociant en soie, et de Marguerite Dupasquier, dont il eut cinq enfants ;

Ennemond Payen, né en 1898 à Lyon, fut industriel fabricant de soieries à Saint-Julien-Molin-Molette (Loire). Époux de Marie-Antoinette Gillier, il eut neuf enfants. Le fils aîné, André, ingénieur de l'École Centrale (promotion 1950) fera carrière à Rhône-Poulenc Ingéniérie

Ses frères Régis et Yves seront également ingénieurs; un autre, Emmanuel, deviendra prêtre à Lyon. Un seul fils, Georges, sera industriel soyeux à Lyon :. il poursuivra ainsi une tradition de près de trois siècles.

Sources :
Remerciements à François Payen, Paul Feuga, Baptiste Levoir et Isabelle Roy, auteurs d'un ouvrage à paraître et qui ont communiqué toutes les informations nécessaires à cet article ; Notes sur la famille Payen, recueillies en 1936 par Léon Payen, Lyon 1946 ; André Delavenne, Recueil généalogique de la bourgeoisie ancienne, Paris, 1955 ; Bénézit, dictionnaire critique et documentaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1976 ; Philippe Bethenod, La famille Bethenod, Lyon, 1966 ; BL et AN, minutier des notaires, cote XXVII-496 (JeanBaptiste-Pierre Payen) ; Dr Hoeffer, Nouvelle Biographie générale, Firmin Didot Frères, Paris, 1857; Application Léonore, cote L 2075, dr 014.

 
Premier métier Jacquard, on voit bien la chaîne cartonnée de Falcon

Tisseuse au travail (début du XXe siècle).
La mécanisation a conservé le principe
du Jacquart croisement
des fils de chaîne
et des fils de trame.